Contribution de l’AUTATE à l’enquête publique environnementale sur la 3ème ligne de métro

Notre association avait donné un avis défavorable lors de l’enquête d’utilité publique de la 3ème ligne de métro. La mission régionale d’autorité environnementale (MRAE) a à nouveau publié de nombreuses remarques sur des aspects environnementaux insuffisamment traités. Les réponses apportées aux remarques de la MRAE sont en deçà des attentes pour respecter les clauses environnementales dans la réalisation de ce projet.
Non seulement ce projet est en décalage avec les réels besoins en déplacements domicile-travail sur l’ensemble de l’agglomération toulousaine (d’où le premier avis défavorable de l’AUTATE), mais la réalisation du projet ne permet pas de respecter les objectifs de réduction des émissions de GES et d’amélioration de la qualité de l’air sur l’agglomération toulousaine.
D’où le maintien d’un avis défavorable au projet proposé dans cette enquête publique environnementale.

Raisons majeures de notre avis défavorable:

 1) Projet n’intégrant pas tous les besoins de déplacements de l’agglomération dont la ZFE

  • Nous reprenons les points soulevés par MRAE “Un tel projet d’infrastructure s’inscrit dans un système de déplacement incluant des rabattements avec d’autres modes de transport, et notamment l’automobile. Si cet enjeu est clairement mis en évidence dans l’étude d’impact, les réponses apportées sont incomplètes à ce stade, notamment sur la politique de stationnement à mettre en place pour accompagner et contrôler les circulations parasites. Le terminus ouest de la 3ème ligne se situe à Colomiers, dans un tissu pavillonnaire constitué. Il a vocation à capter l’ensemble des flux arrivant de l’ouest, sans autre possibilité de rabattement, le besoin en stationnement à cet endroit étant amplifié par la mise en œuvre prochaine de la zone à faible émission (ZFE) interdisant l’accès plus en avant à l’agglomération pour certaines automobiles. Les éléments concernant le dimensionnement du parc relais, la gestion du stationnement et des flux de circulation à cet endroit sensible sont trop peu étayés.”
  • Cette 3ème ligne de métro ne devrait améliorer les déplacements qu’au cœur de l’agglomération toulousaine et autour des stations de Colomiers et de Labège.
    Elle aura peu d’impact sur les déplacements en TC du secteur ouest de l’agglomération, là où se situent les principaux problèmes de déplacement. Pour ce secteur ouest  de l’agglomération, le projet mobilité 2020-2025-2030 est marqué par une absence totale de propositions, le tracé étant principalement Est et Nord-Ouest     .
  • Les rabattements vers les stations par les modes doux et les transports en commun ne sont pas priorisés dans le projet; en particulier les investissements pour des nouvelles lignes ou amélioration de l’existant ne sont pas précisés; cela nous inquiète beaucoup.
  • En outre, nous dénonçons l’investissement financier massif du projet de la 3ème ligne de métro et de ses connexions. Cet investissement a pour conséquence un désengagement pour les autres modes de déplacement: bus, vélo, tramway, train d’agglomération.

 

2) Pas assez ambitieux pour améliorer la qualité de l’air : le public ciblé est très réduit

  • Ce projet est annoncé comme une amélioration de la qualité de l’air et de l’environnement sonore et la préservation de la santé des habitants de la métropole grâce à une meilleure gestion des déplacements : les faits montrent que seuls les habitants de Toulouse sont pris en compte, le reste de l’agglomération ne voit pas de gain en qualité de l’air. Un déséquilibre de traitement est déjà présent et ce déséquilibre se renforce à chaque étape du projet (voir notre dossier TEB)
  • Les aides individuelles pour inciter au report modal vers les vélos électriques (VAE) ou les véhicules électriques sont les seules propositions concrètes de Toulouse Métropole pour le projet de 3ème ligne de métro     et pour la mise en place de la ZFE (primes vélos et véhicules propres). Ces mesures ne sont pas valables pour les habitants qui n’auront pas les moyens de changer de voiture. Ce n’est donc pas insuffisant. Nous pensons que le développement d’autres moyens de transports en commun est nécessaire afin de donner des alternatives aux habitants.

Lire la contribution complète ci-jointe.

Contribution Enquête publique environnementale AUTATE – Jan 2022 – final

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