« Les amoureux qui s’bécottent sur les bancs publics » …

Brassens n’aurait jamais eu l’idée d’écrire ces paroles si le mobilier de Tisséo avait été en service. Il n’aurait jamais eu le loisir d’observer des amoureux tant ces bancs sont inconfortables. Bien sûr ce n’est pas des bancs publics, même s’ils sont à destination du public. C’est le mobilier JC Decaux. Choisi par Tisséo. Donc par nos élus… Calculé idéalement pour ne pas avoir envie de s’y asseoir. C’est de la haute ingénierie : la matière, métallique et froide en hiver. La longueur, trois personnes peuvent s’y asseoir serrées si elles font montre de bonnes manières, encore faut-il qu’elles soient calibrées « normalisées ». Enfin la profondeur, qui permet de distinguer repose-fesses et chaise. Et lorsque vous êtes assis sur cette lame d’acier perforé vous découvrez les joies de la cambrure. Un boudin métallique d’une dizaine de centimètres de diamètre sert de dossier. Le bonheur c’est quand vous reprenez la position verticale ! Et il se peut que vous passiez de 10 à 20 minutes avant que votre bus arrive…

Il y a quelques années les syndicats avaient protesté contre une chaise mise à disposition du personnel de surveillance : elle avait été calculée avec une légère pente afin que la personne assise, si par mégarde s’assoupissait, tombait ! C’est la même logique, mélange de violence, d’ironie et de quand-à-soi à l’égard des autres…

Bref, imaginons, vous êtes à Esquirol… Autrefois les bancs étaient les mêmes mais il y avait en plus des bancs de granit gris qui depuis ont été retirés. Merci aux journaux gratuits qui ont souvent servi d’isolation en hiver, entre mes modestes rondeurs et la froideur de la pierre… Il y avait des potelets de pierre, mobilier urbain, sur lesquels beaucoup d’entre nous s’asseyaient. Simples reposes-fesses, froids eux aussi… Aujourd’hui, alors que pas moins de 5 lignes de bus différentes passent, que l’espace a été réaménagé, il y a en tout et pour tout six places assises !!!

Encore êtes vous assis me direz-vous ? Prenons par exemple l’arrêt de bus St Michel Marcel Langer ou bien l’arrêt Palais de Justice… Là il n’y aucun abri-bus. Juste un poteau marquant l’arrêt. On nous a pourtant dit qu’il fallait un mètre quarante de débattement pour pouvoir installer un abri-bus. On l’a bien compris. Et pourtant depuis plusieurs années nous nous gelons, nous nous abritons sous l’auvent des commerces lorsqu’il pleut, alors qu’il serait possible, souhaitable et nécessaire d’installer des abris-bus, dans les deux sens à ces arrêts.

Et Basso Cambo ? Vous y passez à Basso Cambo ? Il y a 11 lignes de bus dont c’est le terminus. Là aussi des travaux ont permis d’agrandir l’aire de circulation des bus. Croyez-vous que des abris bus, ou même des bancs aient été installés ? Que nenni… Le 21 plante son arrêt seul, désert, en plein courant d’air. Ou que la salle d’attente permette de surveiller le prochain départ du bus ? Non pour cela il faut rester dans le métro… Et puis depuis que les bus sont fermés aux terminus pour cause de vigipirate renforcé et que les usagers ne peuvent plus s’installer dans les bus et se mettre à l’abri, la qualité du service a encore diminué.

J’en aurai fini avec le mobilier de Tisséo, lorsque je vous aurai fait part de mon sentiment vis-à-vis des pubs qui tapissent les parois. Vous savez ces images hors de toute réalité vantant des ailleurs enchanteurs et le plus souvent dénudés… Alors quand Brassens chantait que c’est sur ces fameux bancs que les amoureux avaient vécu le meilleur de leurs amours, je dirais que c’est sur ces fameux bancs que nous nous sommes désolés de la médiocrité de notre société.

Les plus dérangeantes sont celles pour la lingerie féminine ; des femmes dénudées, souriantes, contrastent avec la grisaille de l’hiver.

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